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Eric Fruteau, maire de St-André : "Emplois aidés…vers l’espoir d’une Réunion développée !"


Politique
Jeudi 23 Août 2012

"L’actualité a été marquée ces dernières semaines par le débat relatif aux contrats et emplois aidés. Comme chaque année et de façon récurrente, se pose la question liée au nombre et au quota d’emplois aidés pour La Réunion. Le débat est animé et la passion gagne souvent les interlocuteurs au vu d’un constat bien rée"l.


Eric Fruteau, maire de St-André : "Emplois aidés…vers l’espoir d’une Réunion développée !"
"La négociation annuelle qu’il faut mener et les pressions populaires qui s’exercent à chaque fois sont la démonstration d’une grave situation. Négocier la précarité pour tenter de sortir de la précarité en tentant de gagner un peu plus de précarité. Voilà où on en est.

Pour contribuer à ce large débat il me semble d’abord opportun de  rappeler l’histoire récente des contrats aidés à la Réunion et de la  mettre en perspective afin de ne plus reproduire les mêmes erreurs. Mais nos gouvernants sont ils prêts à franchir la ligne  et à entendre ce message ?

La grande précarité dans laquelle se trouve la population active de notre île et l’urgence sociale qui les touche sont au cœur de toute analyse.  Le taux de chômage est de 33,5% à La Réunion (58,5% chez nos jeunes) quand il est de 9,7% en France. Ce qui en fait le département le plus gravement touché par ce fléau à tous les niveaux, hexagonal, ultramarin mais aussi au niveau européen.  Même les pays ayant sollicité l’aide du FMI ont des pourcentages nettement plus bas : 17,7% pour la Grèce, 14,4% pour l’Irlande ou encore 12,7% pour le Portugal.

Poser le problème des contrats aidés à La Réunion c’est surtout et d’abord poser le problème de l’emploi et mettre chacun face à ses responsabilités.

Rappelons ensuite le lourd passé qui a vu la disparition des CES, des CEC, des CIA, des CEJ. Ces disparitions successives se sont faites avec pour résultat année après année la baisse du nombre de solutions d’insertion pour les Réunionnais.

C’est le premier héritage à gérer aujourd’hui. Héritage laissé par l’UMP et tous leurs soutiens. Contre l’avis des Réunionnais et malgré une situation sociale préoccupante rien n’a été fait pour empêcher la chute du nombre de ces contrats depuis 15 ans. Rarement a-t-on entendu les responsables locaux de la droite monter au créneau pour dénoncer ces diminutions successives.

A cet héritage est venu s’ajouter la désastreuse politique qui a découragée l’emploi. Le "travailler plus pour gagner plus" de Sarkozy a privilégié chez le chef d’entreprise le choix des  heures supplémentaires plutôt que celui de l’embauche. Cette même rengaine a plongé dans le plus grand désarroi la fonction publique dans laquelle des milliers d’emplois ont été supprimés.

Les effets de cette orientation restent peu probants sur la création d’emplois et le pouvoir d’achat. Je rappelle quand même que la loi TEPA aurait détruit 300.000 emplois en France. Rarement, voire jamais avons-nous entendu des responsables de la droite locale se faire l’écho des répercussions sociales d’une telle politique à La Réunion. Pire ils ont approuvé toutes les lois validant ces orientations très libérales et antisociales et de fait entraînant le recours aux contrats précaires.

Aujourd’hui, notre devoir est d’interpeller les responsables actuels de la gauche et de leur faire comprendre que la situation n’a guère évolué. Si rien ne change dans le fond, nous nous orientons vers une grande déception. Les Réunionnais attendent des gestes forts pour l’avenir. A situation exceptionnelle il faut des solutions particulièrement adaptées aux besoins. Des solutions pour faire face à l’urgence mais surtout des pistes pour régler en profondeur les problèmes liés au chômage massif.

Alors parmi les gestes forts que nous attendons :
- D’abord que nous puissions répondre à l’urgence sociale. Les quotas d’emplois aidés doivent être à la hauteur de l’ampleur de la crise. Le changement se traduirait d’abord par un signal conséquent du gouvernement. Et le sommet social de septembre  doit apaiser nos craintes. Si on peut considérer 2012 comme une année de transition, 2013 doit être celle de vrais changements. Et ça se prépare dès maintenant au niveau législatif.

- Concernant l’emploi aidé outre le nombre de contrats, je pense qu’une rupture est effectivement nécessaire dans la méthode. Dépolitisons le système. Osons la transparence et une gestion non clientéliste de ce dossier d’attribution des contrats. Soyons tout simplement responsables et laissons place à la maturité politique !

- Aussi devons nous tenir compte  des futurs emplois d’avenir et contrats de génération. Sur ce sujet plusieurs interrogations : Quelle sera la gestion proposée par le gouvernement ? Quels quotas réservés à notre île ? L’intention et les « promesses » de M. Hollande sont louables. "Je réserverai une part importante de contrats pour les jeunes des outre-mers. Je créerai des contrats de professionnalisation adaptés aux outre-mers et à leur tissu économique", précisait-il dans la quatorzième de ses 30 engagements pour les outre-mers.

Cependant nombre de questions restent en suspens. Créer 150 000 emplois d’avenir sur deux ans (dont 100 000 dès cette année) quelle bouffée d’oxygène ! Encore faut-il que La Réunion puisse capter le nombre d’emplois au prorata de son  taux de chômage, le plus élevé d’Europe. Ces emplois seraient destinés aux quartiers difficiles, vers des jeunes sans qualification et/ou  peu qualifiés.

Ces critères font de nouveau de notre île une priorité, car chaque année ce sont plus de 4000 jeunes qui quittent l’école sans qualification. J’ose espérer que le projet de loi prévu à l’assemblée nationale début octobre répondra à cette préoccupation majeure. Sans nul doute que nos parlementaires veilleront à doter La Réunion d’un juste quota !

- Enfin au-delà des emplois d’avenir, je crois que seul un grand projet créateur d’emplois pérennes permettrait de sortir notre île, sa population, de cette situation d’une extrême gravité. Une politique de développement durable, de grands projets d’investissement, permettant la redynamisation du secteur privé, tenant compte de la nécessité de booster l’économie sociale et solidaire, faisant de l’emploi public dans notre île un axe fort (éducation nationale, fonction publique hospitalière, fonction publique territoriale,…), rompant avec les effets de la loi TEPA en mettant un terme à la défiscalisation des heures supplémentaires, serait la seule approche loyale et responsable.

Il est urgent que l’on tienne compte, de façon décisive et pragmatique, de la gravité de la situation sociale à la Réunion et de son ampleur. Notre population est en attente de solutions durables. N’oublions pas que la seule logique doit rester celle ayant pour objectif la création des emplois pérennes. Initions donc cette stratégie en toute responsabilité. Proposons, votons, adaptons les lois utiles qui vont dans le sens d’une Réunion développée !"

Communication St-André



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Les commentaires

1.Posté par Ridouane G. le 23/08/2012 10:28
Tout faux M. Fruteau, une Réunion développée passe par la prise en mains de leur destin par les Réunionnais, par la responsabilisation personnelle et collective.

Votre discours démagogique tend à cacher une triste réalité : les contrats "aidés" sont des outils de politique politicienne tendant à l'assistanat et à l'asservissement des personnes les plus fragilisées dans un but électoraliste !

Et que vous soyez de gauche ne vous rend pas plus crédible, toute votre idéologie n'est que le reflet du miroir de la droite.

2.Posté par Bayoune le 28/08/2012 08:15
Ridouane G, vous avez entièrement raison, ce mr de "gauche" ne propose que l’amplication de l'assistanat à la misère sociale - q'ils, ses comparses ont créé depuis 1946, en violant les recommandations de l'ONU - qui consistaient à décoloniser la Réunion. Ils, les pseudo-communistes, plutôt pétainistes de l’époque, on amarré notre pays au destin d'une France qui sombre depuis, et notre pays avec. Tout l'économie, toutes l'agriculture ont été détruite pour permettre au colonialisme français et ses larbins d'écouler leurs produits chez nous aux risque de briser les habitudes alimentaires des réunionnais et développer des maladie que nous ne connaissions pas avant l'arrivée de la départementalisation des Vergès and co et sa nouvelle faune. Pour un véritable développement durable, ne serait-il pas venu le temps de recomposer notre économie, notre agriculture pour donner à manger à la population réunionnaise. Le tourisme, nou manze pa é i fé pa manze anou, sinon quelques privilégiés importés qui profitent de la situation (surfèrs et hôtels) qui perdent d'ailleurs leur part de marché aux profits des Seychelles ou de Maurice. La diversification de notre agriculture pourrait être un moyen de remettre les travailleurs au travail en créant des emplois VRAIS - pour nourrir le pays. Arrêtons les importations massives de carottes d’Australie, des oignons, de l’ail, du gingembre ( qui ressemble d’avantage aux longozes) de Chine, du piment de Madagascar, tousa i pouss la Réunion, au lieu de subventionner les industriels d'une culture suicidaire, mi vé dire la kanasuk - qui laisse croire aux planteurs qu'il y a encore de l'avenir dedans, sà i manze pa non plu, lé kréole la bezwin de manzé dans les temps dures qui se préparent. Anon remètt anou aux plantations vivrières plante manioc, patate, songe, kamabar, maïs , zariko pois toute sate i manze pou nou évite la famine qui se prépare à grands pas. Réfléchis bien, sa in kouyon i koze, mais les besoins se feront vite sentir.... Allons vers le développement de l’autosuffisance alimentaire pou mwin angrésé les grandes surfaces, Score Carrefour et les autres monopoles capitalistes. Ladan na travail pou lé 150 000 chômeurs inscrits au pôle emploi, mais lé pas dans l’assistanat que les choses vont changer- en mendiant in pti kontra èk Mr le maire, ke li lé de droite ou gauche, ils sont TOUS complices de la politique coloniale - et qui les maintiennent en place, pas forcement le vote des électeurs, quand plus de 50% i bache lo zélèksiyon, i boykote...




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