"La négociation annuelle qu’il faut mener et les pressions populaires qui s’exercent à chaque fois sont la démonstration d’une grave situation. Négocier la précarité pour tenter de sortir de la précarité en tentant de gagner un peu plus de précarité. Voilà où on en est.
Pour contribuer à ce large débat il me semble d’abord opportun de rappeler l’histoire récente des contrats aidés à la Réunion et de la mettre en perspective afin de ne plus reproduire les mêmes erreurs. Mais nos gouvernants sont ils prêts à franchir la ligne et à entendre ce message ?
La grande précarité dans laquelle se trouve la population active de notre île et l’urgence sociale qui les touche sont au cœur de toute analyse. Le taux de chômage est de 33,5% à La Réunion (58,5% chez nos jeunes) quand il est de 9,7% en France. Ce qui en fait le département le plus gravement touché par ce fléau à tous les niveaux, hexagonal, ultramarin mais aussi au niveau européen. Même les pays ayant sollicité l’aide du FMI ont des pourcentages nettement plus bas : 17,7% pour la Grèce, 14,4% pour l’Irlande ou encore 12,7% pour le Portugal.
Poser le problème des contrats aidés à La Réunion c’est surtout et d’abord poser le problème de l’emploi et mettre chacun face à ses responsabilités.
Rappelons ensuite le lourd passé qui a vu la disparition des CES, des CEC, des CIA, des CEJ. Ces disparitions successives se sont faites avec pour résultat année après année la baisse du nombre de solutions d’insertion pour les Réunionnais.
C’est le premier héritage à gérer aujourd’hui. Héritage laissé par l’UMP et tous leurs soutiens. Contre l’avis des Réunionnais et malgré une situation sociale préoccupante rien n’a été fait pour empêcher la chute du nombre de ces contrats depuis 15 ans. Rarement a-t-on entendu les responsables locaux de la droite monter au créneau pour dénoncer ces diminutions successives.
A cet héritage est venu s’ajouter la désastreuse politique qui a découragée l’emploi. Le "travailler plus pour gagner plus" de Sarkozy a privilégié chez le chef d’entreprise le choix des heures supplémentaires plutôt que celui de l’embauche. Cette même rengaine a plongé dans le plus grand désarroi la fonction publique dans laquelle des milliers d’emplois ont été supprimés.
Les effets de cette orientation restent peu probants sur la création d’emplois et le pouvoir d’achat. Je rappelle quand même que la loi TEPA aurait détruit 300.000 emplois en France. Rarement, voire jamais avons-nous entendu des responsables de la droite locale se faire l’écho des répercussions sociales d’une telle politique à La Réunion. Pire ils ont approuvé toutes les lois validant ces orientations très libérales et antisociales et de fait entraînant le recours aux contrats précaires.
Aujourd’hui, notre devoir est d’interpeller les responsables actuels de la gauche et de leur faire comprendre que la situation n’a guère évolué. Si rien ne change dans le fond, nous nous orientons vers une grande déception. Les Réunionnais attendent des gestes forts pour l’avenir. A situation exceptionnelle il faut des solutions particulièrement adaptées aux besoins. Des solutions pour faire face à l’urgence mais surtout des pistes pour régler en profondeur les problèmes liés au chômage massif.
Alors parmi les gestes forts que nous attendons :
- D’abord que nous puissions répondre à l’urgence sociale. Les quotas d’emplois aidés doivent être à la hauteur de l’ampleur de la crise. Le changement se traduirait d’abord par un signal conséquent du gouvernement. Et le sommet social de septembre doit apaiser nos craintes. Si on peut considérer 2012 comme une année de transition, 2013 doit être celle de vrais changements. Et ça se prépare dès maintenant au niveau législatif.
- Concernant l’emploi aidé outre le nombre de contrats, je pense qu’une rupture est effectivement nécessaire dans la méthode. Dépolitisons le système. Osons la transparence et une gestion non clientéliste de ce dossier d’attribution des contrats. Soyons tout simplement responsables et laissons place à la maturité politique !
- Aussi devons nous tenir compte des futurs emplois d’avenir et contrats de génération. Sur ce sujet plusieurs interrogations : Quelle sera la gestion proposée par le gouvernement ? Quels quotas réservés à notre île ? L’intention et les « promesses » de M. Hollande sont louables. "Je réserverai une part importante de contrats pour les jeunes des outre-mers. Je créerai des contrats de professionnalisation adaptés aux outre-mers et à leur tissu économique", précisait-il dans la quatorzième de ses 30 engagements pour les outre-mers.
Cependant nombre de questions restent en suspens. Créer 150 000 emplois d’avenir sur deux ans (dont 100 000 dès cette année) quelle bouffée d’oxygène ! Encore faut-il que La Réunion puisse capter le nombre d’emplois au prorata de son taux de chômage, le plus élevé d’Europe. Ces emplois seraient destinés aux quartiers difficiles, vers des jeunes sans qualification et/ou peu qualifiés.
Ces critères font de nouveau de notre île une priorité, car chaque année ce sont plus de 4000 jeunes qui quittent l’école sans qualification. J’ose espérer que le projet de loi prévu à l’assemblée nationale début octobre répondra à cette préoccupation majeure. Sans nul doute que nos parlementaires veilleront à doter La Réunion d’un juste quota !
- Enfin au-delà des emplois d’avenir, je crois que seul un grand projet créateur d’emplois pérennes permettrait de sortir notre île, sa population, de cette situation d’une extrême gravité. Une politique de développement durable, de grands projets d’investissement, permettant la redynamisation du secteur privé, tenant compte de la nécessité de booster l’économie sociale et solidaire, faisant de l’emploi public dans notre île un axe fort (éducation nationale, fonction publique hospitalière, fonction publique territoriale,…), rompant avec les effets de la loi TEPA en mettant un terme à la défiscalisation des heures supplémentaires, serait la seule approche loyale et responsable.
Il est urgent que l’on tienne compte, de façon décisive et pragmatique, de la gravité de la situation sociale à la Réunion et de son ampleur. Notre population est en attente de solutions durables. N’oublions pas que la seule logique doit rester celle ayant pour objectif la création des emplois pérennes. Initions donc cette stratégie en toute responsabilité. Proposons, votons, adaptons les lois utiles qui vont dans le sens d’une Réunion développée !"
Pour contribuer à ce large débat il me semble d’abord opportun de rappeler l’histoire récente des contrats aidés à la Réunion et de la mettre en perspective afin de ne plus reproduire les mêmes erreurs. Mais nos gouvernants sont ils prêts à franchir la ligne et à entendre ce message ?
La grande précarité dans laquelle se trouve la population active de notre île et l’urgence sociale qui les touche sont au cœur de toute analyse. Le taux de chômage est de 33,5% à La Réunion (58,5% chez nos jeunes) quand il est de 9,7% en France. Ce qui en fait le département le plus gravement touché par ce fléau à tous les niveaux, hexagonal, ultramarin mais aussi au niveau européen. Même les pays ayant sollicité l’aide du FMI ont des pourcentages nettement plus bas : 17,7% pour la Grèce, 14,4% pour l’Irlande ou encore 12,7% pour le Portugal.
Poser le problème des contrats aidés à La Réunion c’est surtout et d’abord poser le problème de l’emploi et mettre chacun face à ses responsabilités.
Rappelons ensuite le lourd passé qui a vu la disparition des CES, des CEC, des CIA, des CEJ. Ces disparitions successives se sont faites avec pour résultat année après année la baisse du nombre de solutions d’insertion pour les Réunionnais.
C’est le premier héritage à gérer aujourd’hui. Héritage laissé par l’UMP et tous leurs soutiens. Contre l’avis des Réunionnais et malgré une situation sociale préoccupante rien n’a été fait pour empêcher la chute du nombre de ces contrats depuis 15 ans. Rarement a-t-on entendu les responsables locaux de la droite monter au créneau pour dénoncer ces diminutions successives.
A cet héritage est venu s’ajouter la désastreuse politique qui a découragée l’emploi. Le "travailler plus pour gagner plus" de Sarkozy a privilégié chez le chef d’entreprise le choix des heures supplémentaires plutôt que celui de l’embauche. Cette même rengaine a plongé dans le plus grand désarroi la fonction publique dans laquelle des milliers d’emplois ont été supprimés.
Les effets de cette orientation restent peu probants sur la création d’emplois et le pouvoir d’achat. Je rappelle quand même que la loi TEPA aurait détruit 300.000 emplois en France. Rarement, voire jamais avons-nous entendu des responsables de la droite locale se faire l’écho des répercussions sociales d’une telle politique à La Réunion. Pire ils ont approuvé toutes les lois validant ces orientations très libérales et antisociales et de fait entraînant le recours aux contrats précaires.
Aujourd’hui, notre devoir est d’interpeller les responsables actuels de la gauche et de leur faire comprendre que la situation n’a guère évolué. Si rien ne change dans le fond, nous nous orientons vers une grande déception. Les Réunionnais attendent des gestes forts pour l’avenir. A situation exceptionnelle il faut des solutions particulièrement adaptées aux besoins. Des solutions pour faire face à l’urgence mais surtout des pistes pour régler en profondeur les problèmes liés au chômage massif.
Alors parmi les gestes forts que nous attendons :
- D’abord que nous puissions répondre à l’urgence sociale. Les quotas d’emplois aidés doivent être à la hauteur de l’ampleur de la crise. Le changement se traduirait d’abord par un signal conséquent du gouvernement. Et le sommet social de septembre doit apaiser nos craintes. Si on peut considérer 2012 comme une année de transition, 2013 doit être celle de vrais changements. Et ça se prépare dès maintenant au niveau législatif.
- Concernant l’emploi aidé outre le nombre de contrats, je pense qu’une rupture est effectivement nécessaire dans la méthode. Dépolitisons le système. Osons la transparence et une gestion non clientéliste de ce dossier d’attribution des contrats. Soyons tout simplement responsables et laissons place à la maturité politique !
- Aussi devons nous tenir compte des futurs emplois d’avenir et contrats de génération. Sur ce sujet plusieurs interrogations : Quelle sera la gestion proposée par le gouvernement ? Quels quotas réservés à notre île ? L’intention et les « promesses » de M. Hollande sont louables. "Je réserverai une part importante de contrats pour les jeunes des outre-mers. Je créerai des contrats de professionnalisation adaptés aux outre-mers et à leur tissu économique", précisait-il dans la quatorzième de ses 30 engagements pour les outre-mers.
Cependant nombre de questions restent en suspens. Créer 150 000 emplois d’avenir sur deux ans (dont 100 000 dès cette année) quelle bouffée d’oxygène ! Encore faut-il que La Réunion puisse capter le nombre d’emplois au prorata de son taux de chômage, le plus élevé d’Europe. Ces emplois seraient destinés aux quartiers difficiles, vers des jeunes sans qualification et/ou peu qualifiés.
Ces critères font de nouveau de notre île une priorité, car chaque année ce sont plus de 4000 jeunes qui quittent l’école sans qualification. J’ose espérer que le projet de loi prévu à l’assemblée nationale début octobre répondra à cette préoccupation majeure. Sans nul doute que nos parlementaires veilleront à doter La Réunion d’un juste quota !
- Enfin au-delà des emplois d’avenir, je crois que seul un grand projet créateur d’emplois pérennes permettrait de sortir notre île, sa population, de cette situation d’une extrême gravité. Une politique de développement durable, de grands projets d’investissement, permettant la redynamisation du secteur privé, tenant compte de la nécessité de booster l’économie sociale et solidaire, faisant de l’emploi public dans notre île un axe fort (éducation nationale, fonction publique hospitalière, fonction publique territoriale,…), rompant avec les effets de la loi TEPA en mettant un terme à la défiscalisation des heures supplémentaires, serait la seule approche loyale et responsable.
Il est urgent que l’on tienne compte, de façon décisive et pragmatique, de la gravité de la situation sociale à la Réunion et de son ampleur. Notre population est en attente de solutions durables. N’oublions pas que la seule logique doit rester celle ayant pour objectif la création des emplois pérennes. Initions donc cette stratégie en toute responsabilité. Proposons, votons, adaptons les lois utiles qui vont dans le sens d’une Réunion développée !"











